Rédigé dans l'urgence des derniers instants, ce livre ne subit pas, selon l'aveu de sa fille Héloïse, le lissage des relectures éditoriales classiques. Il nous parvient dans la pureté immédiate d'une pensée qui s'éteint en chantant la vie.
Je l'ai reçu, comme un cadeau, d'une clarté et d'une fraîcheur à l'image d'un Jean d'Ormesson fort d'une sérénité absolue devant l'échéance de sa propre mort. Loin de livrer une complainte crépusculaire, l'auteur s'émerveille du miracle de l'évolution, décrivant l'apparition de la pensée humaine comme une véritable seconde création capable de donner enfin un sens, une vérité et une beauté au cosmos. Cette façon d'envisager notre passage sur Terre comme un roman réussi et une aventure d'un intérêt permanent me trouble, tant il rappelle avec l'infinie courtoisie qui le caractérise que la conscience des hommes reste le plus bel enchantement du monde visible.
La fluidité de sa prose, qui avance ici sans le filtre correcteur et édulcorant des habituelles relectures, renforce mon impression d'assister à une confidence intime d'une grande limpidité. En abordant l'énigme de notre naissance forcée avec une feinte naïveté, le texte transforme notre condition de victime du temps en une nécessaire opportunité de cultiver la joie envers et contre tout. J'aime ce rythme vif et alerte qui refuse le pathos, transformant les questionnements les plus complexes de la métaphysique en un débat accessible à tous.


.jpg)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire