jeudi 27 août 2026

Quitter Paris de Stéphanie Arc

 

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Premiers pas dans l'univers de Stéphanie Arc avec son premier roman, Quitter Paris, sélectionné pour le prix Paris ce livre en 2020, que j'aborde avec une réelle curiosité.

Forte d'une formation philosophique solide et d'un engagement reconnu dans les sciences sociales et le militantisme, l'autrice semblait idéalement armée pour renouveler l'éternel débat de la fuite hors de la métropole. Pourtant, la lecture de ce « roman-collage » m'a laissé une déception tenace. Le point de départ, articulé autour d'une narratrice étouffant dans un studio parisien de vingt-neuf mètres carrés et sublimant son besoin de nature par le fantasme d'adopter un setter irlandais prénommé Maxime, s'épuise très vite. Le dispositif de composition par fugues et contrepoints tourne à vide : au lieu de nourrir une dynamique romanesque, le texte aligne des micro-saynètes et des pastiches théoriques qui finissent par ressembler à un carnet d'exercices formels plutôt qu'à une œuvre habitée.

J'ai rapidement ressenti un agacement devant l'étalage constant d'érudition plaquée. Convoquer tour à tour la délibération chez Aristote, le conatus de Spinoza incarné par une application de course à pied, l'âne de Buridan ou la figure de Sylvia Plath relève plus du procédé d'écriture universitaire que d'une nécessité narrative profonde. Cette façon de tout intellectualiser désamorce systématiquement l'émotion. Même le conflit sentimental avec une compagne attachée à la rive gauche et refusant tout exil vers la Bretagne ou Montpellier demeure désespérément théorique, réduit au concept abstrait de « socialité négative ». Les passages autobiographiques consacrés à la ville d'enfance de Cholet et aux souvenirs de chiens disparus apportent un bref répit, mais ils ne suffisent pas à sortir le livre d'un nombrilisme urbain très convenu, où l'on s'écoute hésiter sans jamais trancher.
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Je referme donc cet ouvrage avec le sentiment d'une occasion manquée. Sous couvert d'ironie et de dérision contemporaine, Quitter Paris tourne en rond dans son bocal de béton sans offrir de véritable percée littéraire. La quête de liberté et le désir d'ensauvagement se dissolvent dans un bavardage sociologique qui n'échappe pas aux postures germanopratines qu'il prétend moquer.



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