jeudi 23 juillet 2026

Assise, debout, couchée d'Ovidie

 

Dans cet essai, Assise, debout, couchée !, paru chez JC Lattès en 2024, Ovidie croise l'analyse sociologique et le récit intime pour mettre en lumière la trajectoire commune des femmes et des chiens au sein de la société patriarcale, depuis la domesticité partagée jusqu'au rôle protecteur de l'animal face à la violence.

En parcourant cet essai, la pertinence du parallélisme dressé entre la condition féminine et la condition canine s'impose d'emblée comme une grille de lecture saisissante. Ovidie, dont j'avais précédemment moyennement apprécié le percutant : « La chair est triste, hélas ! », montre avec beaucoup de clarté comment l'histoire a relégué les femmes et les chiens aux mêmes bassesses domestiques, soumis aux mêmes injonctions d'appropriation du corps et de chirurgie esthétique. Cette mise en parallèle de la femme-objet et du chien-objet révèle la violence d'un système qui cherche à contrôler les corps vulnérables, tout en soulignant la force du lien qui unit ces êtres rejetés par une même morale patriarcale.

Il se dégage des chapitres consacrés au quotidien une émotion d'une grande sobriété lorsque l'autrice aborde la fonction de rempart que remplit l'animal face au harcèlement de rue. Le chien cesse d'être une simple présence pour devenir un véritable bouclier spatial, un compagnon qui permet de réinvestir l'espace public sans la crainte permanente de l'agression. En abordant la question du deuil canin, le texte touche à une vérité profonde sur la valeur des existences animales, rappelant qu'aimer un chien revient à accepter un compte à rebours inéluctable où la pureté de l'affection côtoie la douleur d'une perte annoncée.



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