mercredi 15 juillet 2026

Être père, disent-ils d'Olivier Adam


 C’est un moment de lecture intense que ce recueil collectif, Être père, disent-ils, portrait de cette paternité plurielle qui se dessine sans fard, à la lisière de la confidence et du quotidien, réunissant des voix aussi singulières que celles d'Olivier Adam, Philippe Claudel et Philippe Delerm, dans un ouvrage qui s'attache à déshabiller la figure du père de ses oripeaux théoriques pour en restituer la vérité charnelle, faite de fragilité et d'un apprentissage permanent.
 

J'aime la sincérité désarmée de ces confessions d'écrivains, qui rejettent d'emblée les grands principes théoriques pour ancrer la paternité dans l'épaisseur de la pratique et des petits événements du quotidien. Le texte de Philippe Claudel, décrivant le poids d'une belle et profonde dépendance dès le premier regard sur sa fille, me paraît d'une grande justesse, tout comme la nostalgie lumineuse de Philippe Delerm célébrant une plénitude tissée de minuscules instants partagés. En observant la lucidité douloureuse d'Olivier Adam, qui rappelle qu'être père est définitivement indissociable d'une peur viscérale mêlée de terreur face à la fragilité de l'enfant, je mesure à quel point ce livre réussit à universaliser ce sentiment d'amour inconditionnel sans jamais verser dans la mièvrerie de circonstance.
 
Néanmoins, une certaine impression de fragmentation et de redondance finit pourtant par poindre au fil de la lecture de ces textes courts qui partagent, malgré la diversité des plumes, des motifs thématiques assez similaires. À force de voir chaque auteur décliner sa propre variation sur le temps qui file, l'effacement de l'enfance ou l'aveu des pieux mensonges murmurés aux plus petits, le recueil donne parfois le sentiment de tourner autour d'un catalogue d'angoisses interchangeables, d'une sincérité de façade. Je regrette que la brièveté du format empêche de creuser plus en profondeur la complexité de ces liens masculins, laissant l'arrière-goût d'un exercice d'adieu à l'enfance un peu trop feutré et linéaire pour éviter totalement l'écueil d'une mélancolie monotone.

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